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RATABOUILLADE à
Buis-les-Baronnies organisée par Jean-Marie Cayuela du
22 au 27 mars 2026 |
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C'est au gîte "Domaine Saint Julien", situé à
Buis-les-Baronnies dans
le département de la Drôme, que Jean-Marie Cayuela nous a convié pour
notre 58e
Ratabouillade. Ce fut l'occasion de découvrir pour certains ou de revoir
pour d'autres les paysages drômois sous l'oeil du Mont Ventoux Nous étions 16 participants à ce rendez-vous bisannuel dont 2 en VTT à assistance électrique. |
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| Le GO Jean-Marrie et la photo de Martine du groupe devant le gîte |
| Jean-Marie avait prévu
quatre parcours : - Circuit sud-sud-est de 60 km,qui mènera au col de la Bohémienne et au col d'Aulan. Circuit plein nord de 46 km, par le village de Beauvoisin et le col de la Posterle. Circuit est de 54 km, vers le col de Peyruergue. Circuit de 22 km, à partir de Mérindol-les-Oliviers |
| Voir le reportage photos de Bernard: https://photos.app.goo.gl/uoKVEqLbBXj3aEQE8 |
| Voir la
video
et le reportage photos de Martine:
https://www.swisstransfer.com/d/ea196288-04a6-4b53-a873-9dd337160086 https://photos.app.goo.gl/uuVrUQr7fN6wAKDR7 |
| Le compte-rendu de Victor Sieso Ratabouillade printanière du lundi 23 au vendrdi 27 mars 2026 |
La cinquante-huitième du nom : allez, à soixante, on prend la retraite, chiche, tout dépendra des réformes (ou des réformés ?). Jean-Marie l’avait annoncé, ce retour dans les Baronnies, dans la Drôme, alors qu’on crapahutait sous le géant Canigou en septembre dernier. Cette fois ce serait sous le géant de Provence. Comme dit la chanson « Quand je me tourne vers mes souvenirs…il me revient des tas de choses… » (Françoise Hardy), et certes je sais qu’à vélo, qu’en vtt, avec JPR, avec Gilbert Jaccon, avec le Muc de l’époque, avec les neiges de mai ou les chaleurs d’équinoxe, de nombreux cols furent franchis dans le coin, goudron ou pierraille, terre pulvérulente ou maquis accrocheur, les années passées. Des retrouvailles donc avec un terroir, une région complexe de montagnes multiples aux noms si jolis (Angèle, Aujour, Lure, Gravas, Buisseron, Buye…), même si, il faut le reconnaître, tout m’a semblé nouveau, inconnu, comme s’il s’agissait d’une pure découverte. Je consulte mes cahiers d’antan et je vois : samedi 16 août 1997, randonnée solo via Ventoux, Aulan, Peyruergue, Propiac, la Chaîne, 180 km et 3350 m de grimpées. Plus loin, les 13 et 14 septembre 1997, la « colomania » sous la houlette de St Gilbert nous avait fait ratisser une bonne quarantaine de cols autour de Buis, nous étions alors logés à l’ancien cloître des dominicains de Buis. Plus en amont encore, j’ai fouillé dans mes notes et papiers, cahiers et diapositives et je vois que les samedi et dimanche 22 et 23 avril 1989, logés à ce même ancien couvent des Dominicains, nous écumâmes le coin avec le Muc Cyclo sous la houlette de l’irremplaçable et de l’inénarrable Jean-Pierre. Que d’eau s’est écoulée dans l’Ouvèze depuis ! En ce temps là, la route seule était privilégiée, la moisson de cols fut conséquente déjà. C’était la marotte-carotte de JPR, pour moi c’était l’évasion, le compagnonnage, mais qu’importe… Le domaine St Julien, notre lieu d’hébergement retenu, ça ne me disait rien de rien quand nous y débouchâmes Bernard et moi en provenance de Montpellier. Tilleuls, lavande et oliviers, telle est la richesse (et la devise) agricole des vallées, on pourrait ajouter la vigne et les fruitiers, dont les abricotiers, car ici on croit à un autre type d’agriculture, jumelée avec le tourisme, l’accueil. Le gîte a été transformé voici une dizaine d’années, il est possible que les anciens venus ne le reconnaissent plus: Et puis cette dent calcaire arête prodigieuse et formidablement élancée, elle ne me rappelle aucun souvenir non plus. Paraît qu’aujourd’hui on se dispute à la belle saison ses voies d’escalade, sa via ferrata, et que ça attire foule de gens. ![]() Le lion garde les olives de Nyons au domaine Joie et plaisir de se poser en un décor aussi fier, 2 km au dessus de la ville aux toits de vieilles tuiles rousses. Le premier soir manquent à l’appel les Murétois (c’est Chantal qui a été empêchée au dernier moment) et Jacques l’Auvergnat qui avait un contrôle de santé. Le « petit homme » nous rejoindra demain, promis. Ce qui fera un effectif franchissant la quinzaine au total. Régis n’est pas là non plus, qui subit cette semaine une intervention articulaire de plus, devant le libérer assez vite mais pas pour cette édition de printemps. Pas de grolle savoyarde par conséquent, mais les apéros pré-repas seront au rendez-vous, et comme on est maintenant plus vite assis devant les pastis bleus et les gentianes jaunes, aussi on gagnera précocement nos chambres sans tarder en longue veillée : vers 22 h les « petits vieux » sont au plumard. Une foultitude de cols nous attend en cette Drôme Provençale, faut être en forme et reposé pour affronter pistes et sentiers (ce sera pour les crapahuteurs), départementales et routes asphaltées (ce sera pour les randonneurs). Nous voilà déjà mardi, grand beau temps en vue, l’ambiance fraîche du matin va vite s’évaporer, certains n’hésiteront pas à passer les courts le moment venu. Au bout du compte, 62 km auront été parcourus, et près de 1900 m de grimpettes diverses, plutôt une belle performance pour l’âge moyen assez avancé de la troupe. Ah ! Ce col de la Bohémienne, on y refit la photo comme en 1997, face à ces ravinements cendrés et à ces pins éparpillés sur la pente aride, pour moi une découverte, même le château d’Aulan, il me semble le voir pour la première fois, et pourtant ! Martial le catalan de Perpignan connaissait le propriétaire des lieux qui était un hidalgo émargeant aux Cent Cols, nous informe Jean-Michel C., lequel Jean-Michel réussira à se faire saigner un coude (à moins que ce ne soit le genou, ce qui adviendra le lendemain) : chute bénigne, ornières boueuses traîtres, va-t-en savoir ! ![]() Préparatifs de départ On fait honneur ce soir au porc tranché saucé gratiné de patates. Les tables ont de la gueule avec ces vastes plateaux de salade verte. Le génépi clôturera le diner et on sera encore plus tôt au lit, dame, il faut récupérer des rudes efforts qu’a infligé le profil du tracé. Ciel aussi pur que la veille en ce mercredi, les coulis d’air glacé dans les couloirs à l’ombre seront encore une fois vite relégués, le soleil va s’imposer par-dessus ces terres sèches, attachantes, compliquées (tant de serres, de massifs et de montagnes singulières chacune portant son appellation). Comme la veille, le Ventoux s’est dressé tout enfariné ainsi que je l’avais rarement vu, brandissant sa bougie sommitale bien par-dessus ce monde de collines enchevêtrées. On jubilait à tout moment dans cette pluie de rayons, depuis les bas fonds où coulait le ruisselet jusque dans les parages élevés où s’élevait la rumeur du vent naissant. Car aujourd’hui sera la transition vers une période de grand refroidissement. On en resterait presque incrédule avec ce côté radieux du ciel et ce soleil souverain, pourtant ce sera le cas, faudra se vêtir demain comme au temps du pur hiver et se garantir contre les assauts d’un zeff propre à alarmer les édiles si prompts à fermer parcs et jardins, voire routes et chemins. Pascal est parti seul faire sa route, à son rythme, quant au groupe des dix, on aura accompli notre circuit de 46 km avec 1400 m de montées et sa flopée de cols répartis et concentrés surtout en seconde partie de journée. Les Périgourdins Jean-Michel et Christine nous accompagneront jusqu’à Beauvoisin avant que de faire leur parcours sur chaussées roulantes avec leur routières assistées. On aura frisé les 1000 m d’altitude dans les hêtres de l’ubac, et l’état glissant des pistes a failli à deux reprises m’envoyer sentir la dureté du sol râpeux, ah ces cailloutis roulants ! Deux crevaisons seront à déplorer (Guy et Michel), la faute à des épines voire à des aiguillons végétaux ? C’était jour de marché à Buis, l’Ouvèze coulait claire et généreuse, rafraîchissante image. Le sanglier coquillettes vespéral était excellent, tout comme le lit de tomates goûteuses en guise de salade rafraîchissante, mais le dessert blanc crémeux préfigurait-il la neigée de la nuit et du lendemain matin ? Toutes les météos smartphoniques étaient braquées sur la chute du thermomètre, on nous prévoit des températures négatives en certaines vallées et pas plus de quatre degrés en journée par ici : bigre. Baronnies terre de contrastes tout comme notre sud capable de passer du farniente sous la tonnelle soleilleuse à la secousse qui fait valser les chaises et voltiger en tous sens les flocons. Que va-t-on décider si c’est le cas ? ![]() Et c’est parti pour la cinquante huitième ! Sans surprise ce jeudi 26 mars, les giboulées et les grises rafales d’un mistral furibard plus que furibond avec des cumulus blancs ultra véloces sont là pour refroidir si j’ose dire nos ardeurs. Bien sot qui se fie aux trouées de bleu qui semblent dire que ce coup de semonce ne sera qu’éphémère, transitoire. ![]() L’inévitable et traditionnel portage-poussage Il est décidé, au-delà du petit déjeuner chaleureux, qu’on partira pour le parcours « Peyruergue », pour ceux du moins volontaires pour affronter un zeff affolant. Nous serons sept à prétendre pédaler dans le tourbillon agité moltissimo. L’autre moitié se résoudra à effectuer une marche autour de la dent, un parcours de trois heures et 11 km, ce qui n’est pas si mal. Voilà qui n’est pas sans rappeler la marche résignée et courbée que nous effectuâmes vers l’Alaric un jour de froide tramontane où maintenir un guidon à peu près droit confinait à l’exercice impossible ! Chacun choisira son camp, il en est qui même resteront au gîte, en attendant que les éléments soient moins déchaînés. ![]() Le Ventoux nous a tenu tête et compagnie Contre toute attente, la route démarre facile au pied des oliviers proprement et récemment taillés dans les règles de l’art arboricole. Il faut s’accrocher toutefois dans le défilé d’Ubrieux où la gifle venteuse se répercute sur les parois verticales rapprochées. Et ne nous épargne pas. Nous assistons plus haut à l’aspersion des fumées neigeuses face à nous, qui ne cessent d’advenir en cascades discontinues. On aurait pu espérer l’accalmie vers la mi-journée pour la rallonge vers les points hauts du jour, au dessus des 1000 m d’altitude, mais faut pas rêver, ce sera niet. Une baraque en chantier délaissé nous tend les bras comme abri providentiel juste sur le coup de midi, c’était ça ou prendre le sandwich transi et debout entre les buissons secoués. Jean-Michel, Martine, Claude n’insistent pas et feront demi-tour au col de Peyruergue où nous accueille la furie déchaînée d’une soufflerie magistrale. Le quatuor Guy-Bernard-Victor et Michel poursuivra l’exploration des pistes et des sentes sur les versants d’ubac de la montagne de Montlaud (969 m), tournant définitivement le dos à la perspective épuisante d’une lutte vers des ensellements blanchis qui conserveront leur virginité glacée. ![]() Devinette : de quel col peut-il bien s’agir ? On va se prendre une avoinée de flocons jusqu’au col d’Ey : du gris, du blanc, des giclées de soleil lointain, de furtives échappées vers des terres basses colorées. Je ne me souvenais plus de l’abondance forestière : il se trouve là de grands hêtres respectables à deux pas des lopins cultivés d’oliviers méditerranéens. Au col, la route est annoncée barrée (risque tempête ?) et nous n’aurons aucun véhicule venant nous déranger dans la plongée à larges lacets vers Buis, où nous parvenons sous une belle accalmie qui semble signer la fin des hostilités reléguées sur la hauteur. Le soleil revenu baigne le bourg drômois d’une chaude lumière. Pas suffisant cependant pour réchauffer la batterie refroidie de mon Nikon qui ne pourra engranger la moindre vue en cette après midi fantasque. ![]() Les festons nord du Géant de Provence Il n’est que 15 h lorsque le quatuor atteint le gîte: ce n’est pas le moment de l’apéro. On n’a pas dû atteindre la quarantaine de bornes. Je me dois de dégourdir les jambes autrement et je vais m’inventer un parcours pédestre vers le centre équestre au SE du rocher de St Julien, en tenue de vélo, sans le sac à dos. Une nouvelle douche blanche investira la pinède avant que de rejoindre la chambre et de me réjouir d’une bonne vraie douche chaude. Drôle de début de printemps, on se croirait presque au pays basque où l’on a coutume de dire qu’on peut connaître les quatre saisons dans l’espace d’une seule journée. Il ne faut garder de ce contretemps que sa féérie. ![]() Tous ensemble au col d’Aulan Combien étions-nous à rouler de 10 à 13 h en ce vendredi 27 avril ultime journée du séjour ? Je dirai entre 10 et 13, car certains sont partis, route auto, route vélo. Les concocteurs de parcours (Jean-Marie, Bernard) avaient rajouté un bel itinéraire de 22 km pour 700 m de bosses pour un final de classe. Départ déporté au pied du col de Puriac, à Mérindol les Oliviers. Le temps s’est remis de son côté démentiel, le ciel arbore son bel azur intense et total, les bourrasques venteuses ne sont plus qu’un souvenir. Sur la placette ensoleillée on fourbit nos montures. La plupart d’entre nous emmenons nos casse-croûte, mais nous dégusterons les sandwiches ici même à notre retour, bien à l’abri derrière les murettes de pierre et le rideau d’arbres du parc avoisinant. Les Bénistrand sont partis en tandem braver le vent, car il se réveillera malgré tout, en dépit du toilettage absolu effectué de nuit. Je reverrai le Claude revenir presque en même temps que nous sur une belle monture solo tout aussi propre et lustrée que le tandem. Il est vrai que la plupart d’entre nous soignons davantage la randonneuse que le vtt qu’on n’enfourche qu’à de rares occasions, comme lors de ces rencontres ratabouilleuses. ![]() Ensorceleuses Baronnies… Le vent donc s’est assagi largement mais il est demeuré en embuscade sur les hauteurs, avec un ressenti carrément polaire sur la crête à 800 m qu’on a été explorer à la recherche d’un hypothétique col. Dernier tour d’horizon neigeux au nord avec cette vision de terres en damiers désolés. C’est là bas le territoire du tilleul et de la lavande. Quant aux amandiers et aux cerisiers, c’est comme s’ils n’avaient pas droit de cité par ici, en dehors de landes à cistes, à chênes et à pins, c’est l’olivier qui a pris possession des nombreuses terrasses, belle monoculture grimpant chaque fois plus haut, plus bas remplacée par l’autre monoculture, celle de la vigne. De rudes pentes adviennent à point pour solliciter les jambes, de l’autre côté du col de Vôte qu’on découvrit le second jour. Personne ne crèvera, moins de boue, plus de cailloux avec ce flot de lumière sans entrave et ce ventilateur en continu, mais façon moderato cette fois. Disséminés dans ce décor de rêve, des mas de caractère ou de discrètes bâtisses bordées de cyprès fastigiés ont défilé : le pays nous flatte. On comprend qu’il attire les gens du nord, du pays des brumes sempiternelles, des frimas incolores. Par-dessus tout ces journées drômoises auront été dominées par la silhouette patriarcale d’un Ventoux bien haut bien blanc, figure tutélaire du coin, avec son antenne sommitale telle qu’on en a dressé au pic de Nore, à la Rhune, pas encore au Néoulous ou à la Lure. Il nous a toisés le Géant de Provence, toujours largement plus de 1000 m au dessus de nos têtes, même à nos points les plus perchés atteints. ![]() Un des derniers cols de la troisième journée Nous ne sommes plus en quarantaine, ni même en soixantaine, mais bien au-delà. Nous avons rangé dans le catalogue des souvenirs ces équipées extravagantes qui nous faisaient franchir les montagnes les unes après les autres dans la journée, avec des kilométrages insensés et des dénivelés qu’aujourd’hui on qualifierait d’effarants. A chaque âge ses folies. Il paraît qu’une autre et même deux autres sont en préparation, pour septembre de cette année et mars 2027 : Jean-Michel le Varois et le tandem Chantal Alain de Haute-Garonne nous mijotent un feu d’artifice de chemins montueux avec flopée de cols. Seraient-ils faits déjà que ce serait à refaire encore, tel sera notre adage pour ces rendez-vous à venir. PS : Jean-Michel du SE qui aura connu quelque déboire (crevaison, chutes, détours par la pharmacie de Buis) en ce séjour pittoresque devra encore faire face à une belle déconvenue à cause de son auto sur sa route du retour, ainsi qu’il nous l’apprendra en direct depuis la bande d’arrêt d’urgence. Une dépanneuse viendra rapatrier homme et matériel avec un certain délai. Bilan : courroie de distribution cassée, voiture épave. Heureusement un véhicule flambant neuf avait été commandé, une belle synchronicité quoi ! ![]() En ligne de mire : l’horizon 59° ratabouillade ![]() L’arpenteur scribouillard a besoin de lectures : la roue tourne et le propos s’inscrit ![]() |